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La holding « France Médias » sur les rails au Parlement

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La holding "France Médias" sur les rails au Parlement

L’Assemblée Nationale se prépare à examiner une proposition de loi sénatoriale les 23 et 24 mai prochains, visant à créer une holding pour l’audiovisuel public baptisée « France Médias ». Cette initiative, portée par le gouvernement, vise à concrétiser dès cette année la création de cette entité, malgré une opposition notable, notamment de la part des syndicats de Radio France.

La décision d’inscrire cette proposition à l’agenda parlementaire a été prise lors de la conférence des présidents de l’Assemblée nationale, selon des sources parlementaires relayées par l’AFP. Le processus d’examen en commission pourrait débuter dès la semaine précédant la séance plénière, autour du 15 mai. Les rapporteurs du texte seront Fabienne Colboc (Renaissance) et Jean-Jacques Gaultier (LR). La ministre de la Culture, Rachida Dati, milite en faveur d’une « gouvernance unique » pour l’audiovisuel public cette année même, tandis que le camp présidentiel, après des discussions avec les sénateurs, a opté pour cette proposition de loi du sénateur Laurent Lafon (Union centriste). Adoptée par la chambre haute en juin 2023, cette mesure phare prévoit la création d’une holding, France Médias, regroupant quatre entités majeures : France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, et l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) dans une holding appelée « France Médias ».

Cependant, cette réforme n’est pas sans opposition. Certains membres du camp présidentiel préfèrent se concentrer sur certains aspects de la réforme, tandis que Laurent Lafon plaide pour un examen global du texte, incluant des mesures telles que l’instauration de « cinq ans d’interdiction de revente quand une chaîne privée est frappée d’une interdiction d’émettre ». Les syndicats de Radio France ont également exprimé leur désaccord en appelant à deux jours de grève lors de l’examen du texte, dénonçant un projet qui, selon eux, mènerait à la disparition progressive de la radio publique et de ses emplois.

Alors que la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, se positionne en faveur de la réforme, son homologue de Radio France, Sibyle Veil, soutient la création d’une holding mais s’oppose à sa fusion avec d’autres entités. Des déclarations de la ministre ont semé le doute quant à ses intentions vis-à-vis de ce point. Par ailleurs, en raison des Jeux olympiques de Paris prévus du 26 juillet au 11 août, la session extraordinaire de l’Assemblée Nationale devrait prendre fin plus tôt que d’habitude, le 12 juillet, selon des sources parlementaires.

Cette proposition de loi marque ainsi une étape importante dans le processus de réforme de l’audiovisuel public en France, mais elle soulève également des questions et des oppositions qui nécessiteront d’être traitées avec soin et discernement lors des débats parlementaires à venir.

(Sources : © AFP/CBNews)

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